USA TODAY Co., la société mère de USA TODAY, a assigné OpenAI devant le tribunal fédéral de Manhattan le 8 octobre 2026. Selon la plainte, OpenAI a copié sans autorisation des centaines de milliers d'articles et d'autres contenus issus de 19 publications du groupe pour entraîner les modèles derrière ChatGPT. L'éditeur réclame plus de 250 millions de dollars de dommages et une ordonnance interdisant l'atteinte alléguée. L'affaire USA Today Co. v. OpenAI Foundation, n° 1:26-cv-08892, est pendante devant le tribunal fédéral du district sud de New York. Un porte-parole d'OpenAI n'a pas commenté la plainte dans l'immédiat.
Ce que reprochent les plaignants
Les co-plaignants dépassent le seul quotidien national : ils comprennent The Tennessean, le Detroit Free Press, The Arizona Republic, The Indianapolis Star, The Columbus Dispatch et le Milwaukee Journal Sentinel. La plainte avance deux niveaux d'argument. Le premier vise l'entraînement : des reportages protégés auraient été copiés dans les données d'entraînement sans licence. Le second vise les réponses : ChatGPT peut reproduire ou reformuler ces reportages, si bien que les lecteurs qui lisent un résumé dans une fenêtre de discussion ne visitent plus les publications d'origine. Pour les journaux locaux, ce second point est le plus douloureux, car leurs revenus dépendent des visites directes et des abonnements des lecteurs locaux. La plainte invoque aussi des dommages légaux pouvant atteindre 150 000 dollars par œuvre contrefaite de manière délibérée, ainsi que des demandes distinctes liées à la suppression des informations de gestion des droits.
Ni la première, ni la dernière affaire
Les plaignants ont demandé que l'affaire soit traitée comme connexe au contentieux consolidé sur le droit d'auteur visant OpenAI, déjà pendant devant le même tribunal. La file d'attente est longue : le New York Times, Ziff Davis, le Center for Investigative Reporting et de nombreux auteurs poursuivent OpenAI, Microsoft et d'autres au sujet des données d'entraînement, tandis que les entreprises technologiques soutiennent que l'entraînement sur des contenus publics constitue un usage transformatif et loyal. Aucun tribunal n'a encore tranché définitivement, et les procédures consolidées sont à un stade décisif. USA TODAY Co. détient plus de 200 médias locaux ; son arrivée élargit le camp des plaignants des quotidiens nationaux aux réseaux d'information locale.
Ce qu'il faudra surveiller
Pour OpenAI, le risque principal n'est pas le montant de 250 millions de dollars d'une seule affaire, mais le sens du précédent. Si les tribunaux décident que l'entraînement exige une licence, toute l'industrie devra recalculer le coût des données d'entraînement, et les accords de licence existants seront renégociés. Pour les éditeurs, procès et négociations de licence sont les deux faces d'une même pièce, et chaque avancée judiciaire modifie directement les cartes en main. Deux signaux à court terme comptent : le tribunal reconnaîtra-t-il la connexité avec le contentieux consolidé, et OpenAI déposera-t-elle une demande de rejet comme dans d'autres affaires ? Pour les lecteurs, les effets se verront peut-être d'abord dans le produit : la manière dont les actualités sont citées, attribuées et reliées dans les réponses des chatbots pourrait évoluer sous la pression de ces procès.