Nvidia négocie au sujet de Reflection AI, une entreprise qu'elle connaît déjà bien : le 10 octobre 2026, le Financial Times a rapporté, en citant des personnes directement informées, que Nvidia discutait d'un investissement renforcé dans cette start-up de modèles à poids ouverts, sans exclure un rachat ; Reuters a relayé l'information le jour même. Les discussions en sont à un stade précoce. Un accord pourrait émerger dans les prochaines semaines, ou les pourparlers pourraient échouer complètement. Reflection a décliné tout commentaire et Nvidia n'a pas répondu dans l'immédiat.
Déjà 800 millions de dollars investis. Pourquoi aller plus loin ?
Nvidia figure déjà parmi les principaux soutiens de Reflection, avec 800 millions de dollars investis. Reflection a été fondée en 2024 par d'anciens chercheurs de DeepMind, Misha Laskin et Ioannis Antonoglou, et construit des outils qui automatisent le développement logiciel. Son directeur général, Laskin, a déclaré à CNBC en avril que la nouvelle levée de fonds se faisait sur une valorisation pré-money de 25 milliards de dollars. Nvidia ne fait donc pas face à une inconnue, mais à une cible déjà très valorisée dans laquelle elle détient déjà une participation majeure. Ajouter des fonds, augmenter sa part ou racheter l'ensemble sont trois choix aux coûts très différents.
La forme de l'accord compte plus que son prix
Parmi les options rapportées figure un arrangement de type acqui-hire : Nvidia embaucherait des employés et prendrait une licence sur la technologie, plutôt que d'acquérir la société entière. Ces montages sont devenus fréquents lorsque de grands groupes technologiques absorbent des équipes d'IA, et l'un de leurs attraits est la possibilité d'éviter un long examen réglementaire. Pour l'avenir de Reflection, la nuance est lourde. Un rachat complet mettrait pratiquement fin à son indépendance. Une embauche assortie d'une licence laisserait la société exister sur le papier, tandis que la feuille de route produit suivrait l'équipe centrale. Un simple complément d'investissement avec fourniture de puces ressemblerait davantage à la stratégie d'écosystème habituelle de Nvidia. Pour une entreprise qui fait des poids ouverts son drapeau, ces trois issues dessinent des futurs très différents.
Pourquoi le volet poids ouverts intéresse Nvidia
Le 5 octobre, Reflection a publié Beam, son premier modèle à poids ouverts, orienté vers les tâches de programmation et d'agents et positionné face à des modèles chinois moins coûteux comme DeepSeek et Kimi — ce site a déjà présenté les caractéristiques et le positionnement de Beam à son lancement. En rapprochant ce lancement des discussions de rachat, le calcul de Nvidia se lit sans difficulté : vendre des puces, c'est vendre des pelles ; mais si le modèle de programmation ouvert le plus solide se trouve dans son propre camp, l'entrée de la demande pour ces puces gagne une protection supplémentaire. C'est aussi la plus grande inconnue d'un éventuel accord : une fois intégrée à un grand groupe, la feuille de route ouverte de Beam pourra-t-elle garder le même rythme de publication ? La communauté des développeurs répondra avec ses pieds.
Trois points seront à suivre : la forme finale — rachat, embauche et licence, ou simple investissement accru ; une éventuelle prise de parole officielle de l'une des deux entreprises ; et la poursuite, pendant les discussions, du calendrier de publication des poids de Beam comme annoncé. Tant qu'aucune des parties ne confirme rien, il s'agit d'une négociation à un stade précoce, pas d'une transaction conclue.